Albert Camus pédagogue

Mercredi 4 novembre à l’Espace culturel, à 18 heures
par Jean-Michel Wavelet, écrivain, essayiste

Le 8 octobre 1938, le couperet tombe. Albert Camus ne pourra jamais enseigner. Il est guéri de sa tuberculose, mais le médecin, représentant zélé du gouverneur général d’Algérie, en décide autrement. Quelques mois plus tôt, sa pièce de théâtre, Révolte dans les Asturies, dénonçant les exactions du franquisme, est interdite et les autorités redoutent cette voix forte pourfendant le colonialisme.
L’occasion est belle de briser le rêve de cet enfant pauvre de Belcourt qui a osé s’en prendre aux puissants. Il ne pourra jamais rendre à l’école ce que ses maîtres Louis Germain et Jean Grenier lui ont offert. En dépit de cette troublante interdiction, il concevra une pédagogie innovante, professera auprès de lycéens juifs exclus de l’école par le régime de Vichy et auprès d’employés modestes. Son désir d’enseigner, dûment contrarié et longtemps inavouable, demeurera présent jusqu’à l’ultime moment. C’est un roman d’éducation à jamais inachevé que l’on retrouvera près de lui le 4 janvier 1960, Le premier homme.

Le conférencier
Jean-Michel Wavelet est inspecteur d’académie honoraire. Il est titulaire d’une licence, d’une maîtrise de philosophie et d’un DEA en histoire de la philosophie moderne et contemporaine. Refusant l’injustice scolaire, il explore les parcours de vie
des écrivains et des philosophes pauvres, l’originalité de leur oeuvre empreinte de leur cheminement et de leur conception singulière de la pédagogie. Il a publié notamment « Gaston Bachelard, l’inattendu », « Une école pour chacun », « Libérons l’avenir de l’école », « Albert Camus, enseignant empêché, pédagogue résistant » … et a contribué à des travaux collectifs sur le handicap, la difficulté scolaire et la bioéthique.