Libérons nos émotions

Dans son ouvrage « L’humour entre le rire et les larmes » (Ed. Odile Jacob, 2014), Marie Anaut, psychologue clinicienne, analyse les différentes formes d’humour et les effets de ce comportement sur la sociabilité et la santé de ses pratiquants. Selon l’auteure, « un ancien journaliste politique américain, Normann Cousins… aurait réussi à combattre une spondylarthrite ankylosante grâce aux effets thérapeutiques du rire ».

Des recherches expliqueraient les capacités du rire à réduire la sensation de douleur par la libération d’endorphines(1). Le courant émergent de la « psychologie positive » étudie « les constitutions et les processus qui contribuent à la prospérité ou au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions » et participe à ces recherches.

L’humour participerait au processus de résilience chez les individus qui ont connu des situations extrêmes.

« Pleure un bon coup, ça te fera du bien !» Qui n’a pas entendu ce conseil ? D’autres recherches montrent que le fait de pleurer améliore l’humeur dans 88,8 % des cas. Les larmes permettraient d’évacuer des substances telles que le cortisol et l’adrénaline en excès. Elles permettraient aussi la libération d’ocytocine(2) et d’endorphines.

Elles réduisent la douleur physique et émotionnelle. Elles faciliteraient la résolution du problème et permettraient une nouvelle compréhension de la situation qui nous a poussés à bout. Elles sont également un instrument de communication des émotions.

Selon le Dr Arthur Janov (inventeur de la « thérapie primale »), elles sont : « une nécessité biologique, une tentative de guérison, un effort visant à stabiliser l’organisme ». Il ajoute qu’il ne faut pas réprimer les larmes sinon les sentiments s’engourdissent et la dépression peut s’installer !

Donc, en 2023, riez beaucoup, et si des larmes vous submergent, elles vous feront du bien ! Rappelez-vous : rires et larmes sont contagieux. Que cette année vous soit surtout agréable.

Christian HERBAUT

(1) Endorphine : neuropeptide opioïde endogène, à capacité analgésique et procurant une sensation d’euphorie ;

(2) Ocytocine : neuropeptide produit par l’hypothalamus ayant un rôle dans différents comportements : empathie, comportement maternel, orgasme. Nommée parfois « hormone du plaisir » « hormone du bonheur » de « l’attachement mère-enfant ».