Alors, le CIC, « universel » ou « identitaire » ?

 

Le clivage entre « universel » et « identitaire » est un débat qui nous dépasse. Il ressemble, un peu, à un sujet du bac. Sommes-nous, par exemple, membres d'une association porteuse d'une curiosité sans frontière ? Des citoyens soucieux de nature, de culture et d'humanité ? Convaincus que l'obscurantisme et l'ignorance enchaînent les populations ? Assurés que la raison finira par l’emporter ?
Car, en même temps, nous avons nos appartenances, nos origines, des liens familiaux, des amitiés, des rituels, des croyances, une histoire, des attachements. Mises ensemble, ce sont des richesses où, pêle-mêle, se rencontrent des pratiquants partageant des affinités, parfois bizarres, souvent banales : la randonnée, le tarot, ou la collection de boites de sardines, par exemple. À cet égard, notre association n'est en rien bizarre ! Dans tous les cas, ces les liens sont des marqueurs, des porteurs d'identités, voire de communautarisme, que ces identités soient héritées ou construites, subies ou revendiquées, parfois jusqu'à la véhémence.
Les questions surgissent quand l'entre-soi, toujours présent, construit l'enfermement, pire l'oubli de l'humanité des autres et, pire encore, l'abolition de la qualité humanité de l'autre.
En 1998, l'académicien Amin Maalouf publiait « Les identités meurtrières ». Peu avant, François Mitterrand avait retenu de l'histoire que : « le nationalisme, c'est la guerre ». L'académicien nous rappelait opportunément que, chacun né ici ou là, un peu par hasard, homme, femme, de telle langue, de telle région, de telle religion, de telle sensibilité politique, de telle orientation sexuelle, etc., chacun donc était riche et porteur d'une variété d'identités. Amin Maalouf aurait pu ajouter que l'on peut, aussi, être adhérent au CIC et participer, avec enthousiasme, à ses activités !
Puisque qu'il faut conclure, et puisque « connaître c'est sortir de soi », j'observe qu'avec le CIC, à l'instant t, le monde vient à nous grâce aux conférences dans un large éventail de thèmes, que nous voyageons dans le temps grâce aux « cours d'histoire de l'art », et dans l'espace grâce à nos voyages culturels. En conséquence, je propose de considérer notre association, le CIC, désormais comme un véhicule
identitaire !

Alain Fauqueur

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